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jeudi 3 mai 2012

Le combat des chefs

Le grand débat qui, en France, oppose, à chaque élection, les deux présidentiables, tient du rituel.

Les experts en sciences politiques expliquent que l'impact de ce débat sur les intentions de vote est minime, et généralement insuffisant pour renverser les tendances quant aux intentions de vote. Alors à quoi bon ?

J'ai lu pas mal de commentaires en France, et en Belgique (puisqu'on s'intéresse en Belgique plus qu'ailleurs aux élections françaises). Ces commentaires ne sont jamais neutres. Chacun a son candidat et n'a aucune envie d'en changer. Pour ces commentateurs, il s'agit généralement de compter les points et de pouvoir exprimer une rancoeur, bien plus souvent qu'une conviction, en dénigrant le challenger. Avec tout le respect que devraient m'inspirer les supporters d'une équipe de foot, le processus est un peu le même que lors d'un match pour une qualification. Je veux dire peu rationnel. J'ai ainsi découvert sur Facebook, au gré des commentaires, de quel bord sont de nombreux anciens étudiants. Ils sont nombreux à ne pas supporter la même équipe que moi. Mais je cherche toujours leurs arguments.

Je m'interroge, suite à ce constat, sur la maturité du jeu démocratique et de ceux qui sont censés l'incarner à tous les niveaux, des candidats aux électeurs.

Les projets des candidats étant connus ... (F. Hollande a publié le sien, bien avant N. Sarkozy, qui , notons-le, refusant de dresser le bilan de sa présidence, n'a jamais vraiment déposé de programme clair), à quoi sert un tel débat ? A mesurer la capacité des candidats à débattre ?  A tester leur capacité à convaincre ? L'exercice porterait-il plus sur la forme que sur le fond ? Un travers bien français. Auquel bien des commentateurs, et peut-être des électeurs, succombent.

Le président de la République française qui sera élu, dimanche, pourrait-il l'être pour des raisons de forme plutôt que de fond ? Si tel devait être le cas, je serais fort inquiet pour la France et pour la France dans le monde.

Que retenir de ce débat, qui fut souvent ennuyeux, sur le fond ? Des propositions rarement, plutôt des querelles de chiffres, des imprécisions, des anathèmes, des mensonges éhontés de la part de N. Sarkozy. Un débat, comme celui auquel j'ai assisté, n'a pas permis d'avancer beaucoup sur la vision du projet proposé aux français.

Alors, oui, N. Sarkozy est bon dans un débat, parce qu'il est agressif et pugnace, au mépris de la vérité. Surtout, lorsque, alors qu'il ment plus souvent qu'à son tour, il n'hésite pas à traiter l'autre de menteur et de calomniateur ... Ce président sortant ne manque pas d'air en tout cas. Certains aiment ça. Il a l'étoffe d'un avocat, sans aucun doute. Cela ne me rassure pas sur lui, bien au contraire.

F. Hollande a fait preuve d'une constante dignité. Il a montré qu'il n'était pas un roquet aboyant comme son adversaire, qu'il maîtrisait les dossiers au moins aussi bien, sinon mieux, que N. Sarkozy. Il a démontré qu'il avait une vision pour la France, pour la France dans l'Europe et dans le monde.

Mais de cela, j'étais convaincu bien avant le débat, moi qui n'ai pourtant aucun intérêt personnel dans cette élection.

D'ici-là, les supporters irrationnels de l'un et de l'autre séviront, dénigreront, éructeront ... plus à droite qu'à gauche, me semble-t-il ... Existe-t-il seulement un clone de Nadine Morano au parti socialiste ? Elle seule suffit à me faire détester encore plus ce que je détestais déjà.

Vous constaterez à quel point il est impossible de parler en toute neutralité d'un tel débat !











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