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dimanche 27 juin 2010

L'autre et moi

Vive et douloureuse altercation, hier, avec ma mère sur un sujet qui me paraît capital: quelle est ma capacité à donner à l'autre sa place? A ne pas agir / penser  /dire uniquement selon mes propres critères?Quelle est ma capacité à ressentir ce que l'autre peut ressentir?

Le débat fut vain et a témoigné, de la part de ma mère, d'une incapacité totale à voir d'un autre regard ses propos, ses attitudes, ses jugements.

Pis, sa réaction - cela m'a stupéfié - était toujours une réaction de défense, d'auto-justification: je ne suis pas (ne peux pas) être coupable (qui a parlé de culpabilité?); j'agis pour bien faire et tu me le reproches; tu te permets de me juger (qui a parlé de juger?). J'ai quand même bien le droit de poser des questions à mes petits enfants. Si je n'en posais pas, il pourrait considérer que je fais preuve d'indifférence et il n'est pas question qu'on me considère comme indifférente.

C'est pourtant simple: avec tes questions - qu'ils ressentent comme une inquisition - tu fais pression sur eux et ils se referment; tu leur enlèves toute envie de se livrer. Ce n'est pas pour rien qu'ils me disent des choses qu'ils ne disent pas à d'autres. Et, quand, ils me demandent de garder le secret, je tiens ma promesse. Tes questions, maman, n'ont pas pour objet de mieux les connaître, elles ont pour but de te rassurer toi.

Réaction:
- de toute façon, ces enfants-là n'ont pas été éduqués comme il fallait, heureusement que je suis là pour faire un peu leur éducation;
- je ne peux pas tout savoir, mais tu penses bien que j'imagine;
- si c'est comme ça, je ne dirai plus jamais rien, puisque je ne peux rien dire, mais alors il peut venir rechercher les affaires qui sont encore chez moi.

Je retiens deux choses de ce moment difficile:
- je suis triste;
- ma mère n'est pas la seule, dans mon entourage, à réagir comme cela. Je vais peut-être ici dire quelque chose de très dérangeant, mais ils sont finalement fort nombreux ceux qui se retranchent derrière la conviction de bien agir, de faire ce qu'il faut faire et qui pourtant causent de très grands dommages autour d'eux, sans en avoir aucunement conscience et sans être prêt à admettre ces dommages.

Mal agir en étant persuadé de bien agir est un comportement fort répandu.

Ouvrir les yeux, se quitter soi-même pour intégrer sans jugement ce que l'autre ressent, est bien difficile et pourtant il n'y a pas d'autre voie, qu'on l'appelle "compassion" ou "empathie".

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