Rechercher dans ce blog

mardi 29 septembre 2009

29 septembre 2009 - bis

Pablo NERUDA ...

Je prends congé, je rentre
Chez moi, dans mes rêves,
Je retourne en Patagonie,
Où le vent frappe les érables,
Où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète.
Et je vous aime tous,
Je vais errant par le monde que j'aime.

Dans ma patrie,
On emprisonne les mineurs
Et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
De mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
C'est là que je voudrais mourir.
Et si je devais naître cent fois,
C'est là aussi que je veux naître.
Près de l'araucaria sauvage,
Des bourrasques du vent du sud,
Et des cloches depuis peu acquises.

******

La Poésie

Et ce fut à cet âge...
La poésie vint me chercher.
Je ne sais pas, je ne sais d'où
Elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.

Je ne sais ni comment ni quand,
Non, ce n'étaient pas des voix,
Ce n'étaient pas des mots,
Ni le silence:
D'une rue elle me hélait,
Des branches de la nuit,
Soudain parmi les autres,
Parmi des feux violents
Ou dans le retour solitaire,
Sans visage elle était là
Et me touchait.

Je ne savais que dire,
Ma bouche ne savait pas nommer,
Mes yeux étaient aveugles,
Et quelque chose cognait dans mon âme,
Fièvre ou ailes perdues,
Je me formai seul peu à peu,
Déchiffrant cette brûlure,
Et j'écrivis la première ligne confuse,
Confuse, sans corps, pure
Anerie, pur savoir,
De celui-là qui ne sait rien,
Et je vis tout à coup le ciel
Égrené et ouvert,
Des planètes, des plantations vibrantes,
L'ombre perforée, criblée
De flèches, de feu et de fleurs,
La nuit qui roule et qui écrase, l'univers.

Et moi, infime créature,
Grisé par le grand vide
Constellé, à l'instar, à l'image du mystère,
Je me sentis pure partie de l'abîme,
Je roulai avec les étoiles,
Mon coeur se dénoua dans le vent.

(Mémorial de l'île Noire, 1964)

29 septembre 2009

Quand je ne trouve pas les mots, je les emprunte à d'autres. A une génération qui n'est pas la mienne, mais qui m'est pourtant si proche, si intimement liée. J'ai une profonde admiration pour Félix Leclerc ... qui le connaît encore? Et notamment, les paroles de cette chanson: "Le roi et le laboureur".

- Oh! ce château, comme j'en ai plein le dos !

Demain, je fais couper le cou d'un homme

C'est pourquoi je viens te voir, mon voisin

Pour oublier la loi que l'on tient

Parle-moi de ta femme au jardin

Montre-moi tes canards et ton chien

On doit m'chercher partout à la cour

J'suis sorti par l'échelle de la tour

Hâte-toi de me faire oublier

Les papiers qu'un roi doit signer


- Oh! majesté, comment vous consoler

Vous avez condamné mon frère

Au soleil levé qui s'en vient

On le pouss'ra en haut des gradins

Dans son cou une corde de lin

De la soie pour attacher ses mains

Je vous prie, continuez vot' chemin

On ne peut unir nos deux chagrins

Vous êtes là pour punir les vilains

Laissez-moi les pleurer tout au moins


- Oh! ce métier, métier de justicier

Demain, je me ferai meunier ou moine

J'échangerais pour un vieux marais

Mon château, ma couronne, mes valets

Pour tes six canards, je donnerais

Les peintures qui ornent mon palais

J'ai lu tous les livres parfaits

Et connu tous les esprits bien faits

Quand je vois ton âne près des roseaux

Je voudrais au monde tourner le dos


- Oh! majesté, chacun son pauvr' métier...

J'ai un trou à creuser: excusez...


J'aurais tellement aimé être là, à la veillée, au deuxième rang, discrètement, et écouter
des choses aussi belles.




Quand j'avais 20 ans, j'étais fan du groupe chilien QUILAPAYUN (je le suis toujours). Il me permettait d'entendre des poèmes de Pablo Neruda. Ils chantaient bien. Ils avaient un engagement qui reste le mien. Ils existent toujours: quelques fondateurs et quelques plus jeunes. Il y a ainsi quelques groupes qui parviennent à durer, tout en se renouvelant, tout simplement parce qu'ils sont porteurs d'un projet qui n'a rien à voir avec le temps.





dimanche 27 septembre 2009

27 septembre 2009

Aujourd'hui, c'est la fête de la Communauté française de Belgique. Il paraît qu'on doit dire maintenant la communauté "Wallonie-Bruxelles", bref tout ce qui n'est pas flamand en Belgique.

C'est aussi la saint Michel. Comme il se trouve qu'un certain Michel a non seulement croisé, mais perturbé, ma vie. Il m'a paru utile de m'intéresser aux Michel.

En Belgique, et surtout à Bruxelles, on associe généralement Michel à Gudule. Qui était, qui est Gudule? Même mon livre sur les prénoms n'en sait rien. Les informations glanées sur Wikipédia sont fort sommaires: Sainte Gudule (+ 712), fille du comte Wigéric, vierge, patronne de Bruxelles ; sainte de l'Église catholique, sainte nationale de Belgique, et patronne de Bruxelles, fêtée le 8 janvier.

Mais surtout qui est Michel? Il n'est ni un ange, ni un missionnaire, ni un martyr, ni un docteur de l'Eglise, ni même un saint. Il est un archange (on ne peut pas espérer plus haut dans la hiérarchie divine)! Plus que pape! Son nom veut dire: "Qui est comme Dieu". En hébreu, il semble qu'un point d'interrogation figure toutefois à la fin du nom. Cela dépend des Michel. Certains Michel oublient le point d'interrogation. Je lis ceci dans mon livre sur les prénoms (B. Besançon, Les prénoms, Editions Solar, 1993): "Après avoir mis K.O. le dragon, il s'en fut aux portes du ciel pour sélectionner les heureux élus selon leurs mérites. On le dit patron de la France, mais aussi d'Israël, des banquiers et des parachutistes ..." (drôles de fréquentations). Cela pourrait expliquer certaines choses. Cela doit plaire à Gudule.

J'ai envie de parler de deux livres.

M. Cozian, P.-J. Gaudel, La comptabilité racontée aux juristes, Litec, 2006.



Le titre m'a évidemment interpelé: "racontée", pas "expliquée". Ce titre semble dire que les juristes (les étudiants en droit) ne peuvent pas aborder la comptabilité, et le droit comptable, sous la forme d'une explication et d'une mise en question. Il faut leur raconter une histoire, comme à des enfants de maternelle. Je puis comprendre le souci pédagogique. Et de ce point de vue, l'ouvrage est intéressant, bien que un peu outrancier. Traduire le principe de continuité (soit en anglais, le principe "going concern") en "pourvu que ça dure" est plutôt inattendu. Mais l'ouvrage fourmille d'exemples.

Je ne serai sans doute pas le seul à procéder de la sorte: soit parler d'un livre avant de l'avoir lu, tout en se promettant de le lire sans faute.

Je suis un lecteur assidu du Nouvel Observateur depuis des années. La culture, les analyses, le talent pédagogique de Jean Daniel sont uniques. Les commentaires incisifs de Jacques Julliard font toujours réféchir. François Reynaert me fait toujours rire. Delfeil de Ton me surprend à chaque fois. Et puis, il y a deux chroniqueurs (entre autres) dont on parle moins, mais qui écrivent vraiment très bien et toujours de manière utile: Richard Cannavo et Jean-Claude Guillebaud. Leurs noms figurent dans l'annexe "Télé Ciné". Ceci explique peut-être cela.

Jean-Claude Guillebaud évoque dans le n° 2342 du 24 septembre 2009 un livre que je n'ai pas encore lu, mais que je lirai: Florence Noville, J'ai fait HEC et je m'en excuse, Stock, 2009, 150 p. Evoquant son propre parcours, l'auteure dénonce un enseignement qui fabrique des hommes et des femmes d'excellence, mais surtout les fantassins d'une idéologie. "La grille de valeurs que fournissent à leurs élèves ces grandes écoles de commerce et l'interprétation des finalités de l'entreprise qu'on leur inculque mériteraient d'être révisées, voire refondées de fond en comble". Comme HEC-Liège ... fait maintenant partie de l'ULG (mon université), je me demande dans quelle mesure elle mérite les mêmes reproches et réfléchit à la question.




Alors j'ai envie de simplement retrouver un de ces moments heureux passés cet été avec Luis.

samedi 26 septembre 2009

26 septembre 2009

Haendel, Haydn, Holst ... Un programme en "H". Je devais aller au concert à l'O.P.L. Une fois encore, j'ai reculé. Pas à cause de la musique. A cause de l'avant concert, de l'entracte et de l'après concert. L'émotion musicale peut être partagée, mais pas nécessairement. Agoraphobie ou misanthropie? Insécurité en tout cas. Pourquoi? Dans le fond, je serais sûrement plus à l'aise sur la scène, malgré le stress. Il serait moindre.

http://www.opl.be/common/_info/09.25-ouverturealanglaise.html

J'ai dit: "je devais", parce que j'avais demandé à mon ami J.P. une place. Et qu'en ne venant pas, je n'ai pas été à la hauteur. Il m'a envoyé un message: "ne devais-tu pas être là ce soir à l'OPL?". Je "devais" y être et, en n'y étant pas, j'étais "en faute". Pourtant, je puis l'affirmer; j'ai toujours été là quand il fallait auprès de mes proches et de mes amis.

Que vaut un polo Lacoste? Pour un jeune arabe, croisé sur le quai, je faisais preuve de bon goût en en portant un. Il me l'a fait remarquer. Lui portait un survêtement de sport blanc de marque ... Lacoste. Quand je suis repassé, deux autres amis l'avaient rejoint. Je fais un petit signe en passant. Et l'un deux lui dit: "il aborde, celui-là?". Choc!

Il me reste alors à m'évader:
- dans la musique: le concert de l'OPL sur RTC, mais aussi TARATATA sur TV5, avec rien moins que Tracy Chapman, Lenny Kravitz et Annie Lenox;
- Franz-Olivier Gisbert sur FR2, avec rien moins que ... Giscard;
- et finalement un livre, plutôt décevant: J.L. Chiflet, Les mots qui me font rire, Points, 2007.

J'ai quand même bien ri avec quelques propositions gastronomiques, comme, par exemple:
- "Miettes de filet mignon et leur fouillis de pommes de terre en leur jus" (hachis parmentier);
- "Oeuf de poule en escabèche de moutarde" (oeuf mayonnaise);
- "Méli-mélo du poulailler aux fins copeaux de Fribourg" (omelette au fromage);
- "Perles de l'océan délicatement oléaginées et leur farandole de petites arêtes" (sardines à l'huile).

Il y a deux hommes que je trouve très beaux et à qui, dans l'absolu (j'ai bien dit: dans l'absolu), je pourrais dire "oui", s'ils me le demandaient: Ben Harper et Lenny Kravitz.





Il y a, comme qui dirait, une petite ressemblance. Tout ceci "dans l'absolu".

Le résultat de la "Guerre des boutons" (film d'Yves Robert, 1962).

vendredi 25 septembre 2009

25 septembre 2009

Gérer un blog, c'est une discipline. Ce n'est pas si simple d'écrire un peu tous les jours. Les sujets ne manquent pas. C'est juste une question de discipline. Je manque de discipline.

Heureusement qu'il y a Giscard! Et sa prétendue relation avec Lady Di. Cela est bien plus rafraîchissant que l'affaire Clearstream. Au moins, Giscard bénéficie de la présomption d'innocence. Il va s'en expliquer ce soir chez Franz-Olivier Gisbert (ce très cher Franz-Olivier, comme dit Julien Green, dans son journal). Sarko a traité Villepin de "coupable", en public, c'est-à-dire lors d'un monologue télévisé en direct des Nations-Unies, où il n'a répondu à aucune question, malgré quelques tentatives de Laurent Pujadas et de Laurence Ferrari. C'est comme cela qu'il parle Sarko.

Peut-être, Sarko et Villepin ne valent-ils pas mieux l'un que l'autre. Il n'empêche.

L'un est grand, l'autre petit. L'un a du panache et sait parler; l'autre parle uniquement par groupes de 3 ou 4 syllabes à la fois. L'un se maîtrise, l'autre s'agite. L'un regarde loin et droit dans les yeux, l'autre a toujours le regard fuyant, méchant. Tous les deux sont capables de haïr. Finalement, ce n'est peut-être qu'une question de style et ... grandement de culture. J'ai la faiblesse de penser que Villepin, comme orateur, est dans la veine d'Obama, tandis que Sarko oscille entre Pasqua et Khadafi. Je le pense: Sarko est très souvent grotesque. Il faudrait le lui dire.



Tout se résume peut-être à ceci: Villepin a prononcé à l'ONU, à l'occasion de la guerre en Irak, un discours historique, qui a grandi la France. Sarko sait très bien qu'il ne pourra pas faire mieux et il en nourrit un immense ressentiment.

Marco, dont c'était l'anniversaire un de ces derniers jours, m'a dit ceci: "A chaque fois, je me sens mal. Ce n'est pas la peur de vieillir ou de l'avenir; c'est qu'à chaque fois, le passé me rattrape".

Etre père, cela veut dire quoi exactement?

Ils sont adorables mes étudiants de 3ème bac. Ils font preuve en tout cas d'une grande qualité d'écoute. On entendrait une mouche voler, pendant mon cours, n'était mon discours.

J'aimerais tant être à l'OPL, ce soir. Mais JP se rend-il compte qu'aller au concert, à 20 heures, après une journée épuisante est difficile? Il faut être jeune pour cela ou être à un âge où ce sera la sortie attendue. Prétextes, sans doute.

Les photos en disent souvent plus que bien d'autres choses. Par exemple ... ces quelques photos glanées sur le net, à propos des fêtes de Wallonie à Liège.

Joëlle Milquet et Julio Iglesias descendent le grand escalier de Las Vegas.



Le premier président de la Cour constitutionnelle médite.



Rentrée solennelle de la cour d'appel de Liège.



Et faute de mieux, je zinzinulerai, ce soir, encore.

dimanche 20 septembre 2009

19 septembre 2009

Je l'avais promis: j'y étais. Je suis venu, j'ai vu et j'ai été vaincu.

La nouvelle gare des Guillemins encore, mais pour le meilleur: une prestation exceptionnelle de l'O.P.L. (Orchestre philharmonique de Liège ... etc.) sur le thème du voyage et du train. Un orchestre philharmonique dans une gare, on n'avait jamais vu cela. Avec les trains qui passent, les voyageurs, des touristes et des curieux. La programmation, tout autant que la présentation, étaient parfaitement justes. Des choses attendues (Die Fahrt ins Blaue, J. Strauss fils); d'autres plus osées, vu le contexte (Honnegger); d'autres totalement inconnues: ainsi, une Marche des Wallons, écrite par un des rejetons Strauss.

Une fois encore, je voudrais livrer des impressions et intuitions diverses.

Les liégeois resteront toujours les liégeois (c'est-à-dire des principautaires). Ils se sentent liégeois avant de se sentir belges (même s'ils ont contribué beaucoup plus que d'autres à la révolution belge). Se sentent-ils wallons? C'est le "Valheureux liégeois" qui les fait vibrer bien avant le "Chant des Wallons" ... ou fatalement "La Brabançonne" (le peuple français se réunit bien pourtant autour de "La Marseillaise" ... comprenne qui pourra. On chante "La Marseillaise" à Pointe-à-Pître; mais on ne chante pas "Valheureux Liégeois" à Namur!).

Liège était, dans le passé, une métropole et la capitale d'une principauté qui transcendait les frontières actuelles. On a toujours parlé, dans cette principauté, plusieurs langues. A Liège, on n'interdit pas, sur les marchés, de parler flamand, allemand, italien, espagnol ou arabe (contrairement à certaines villes flamandes). Et tout le monde essaye de se débrouiller, avec plus ou moins de talent, dans ces différents idiomes. Les habitants de Liège vont faire les soldes (et pas que ...) à Maastricht (ancienne ville de la principauté). Et les habitants de Maastricht (Pays-Bas) viennent chez nous au concert ou sur la Batte (le marché dominical). La grande ville la plus proche pour les habitants de Saint-Trond, est Liège, pas Hasselt. Je comprends mieux pourquoi beaucoup de non-natifs apprécient Liège, parfois plus même que les liégeois eux-mêmes (toujours un peu râleurs ...).

Liège est une ville qui a toujours été vivante, ardente. A Liège, on mobilise aisément une foule considérable sur quelque chose qui rassemble. Le peuple liégeois aime ça. Il n'y a que le cortège socialiste du 1er mai qui ne mobilise plus que quelques afficionados après quelques majorettes obèses ou rachitiques et la fanfare d'Oupeye jouant faux. Et bien entendu quelques caciques gonflés de leur propre insuffisance ...

Liège, la principautaire, a toujours dû son souffle, son développement, ses renaissances à des non-liégeois. Nos princes-évêques de l'âge d'or étaient germaniques et éclairés (même s'ils étaient un peu despotes). Puis, le pouvoir, avec l'effondrement de la principauté, et après un bref épisode français, a été pris par quelques péquenauds locaux, populistes, ambitieux et intéressés. Tout s'est alors joué un peu au hasard de John Cockerill au sieur Mittal ... Les liégeois font facilement confiance, trop peut-être. Comment ne pas être frappé cependant par les propos cinglants de Santiago Calatrava, l'architecte de cette gare qui rend à Liège une grandeur. Cet homme a dit beaucoup aimer Liège, mais n'avoir jamais été confronté à une telle inertie et à de semblables divisions de la part des pouvoirs publics (il comparait ainsi Liège ... à Zürich et à New-York).

Ce qui m'a frappé, c'est ceci: les liégeois, dont j'étais ces deux jours, retrouvaient une identité. Ils retrouvaient une fierté d'être liégeois, grâce surtout à des non liégeois. Et, dans le cas précis de ce samedi après-midi, les liégeois s'appropriaient en quelque sorte leur orchestre philharmonique. Il n'était plus seulement l'orchestre philharmonique de Liège (et de ...). Il était l'orchestre des liégeois! Et cela est extraordinaire. On ne remerciera jamais assez ceux qui ont rendu cela possible.

Alors, j'ai envie de formuler quelques rêves:
- la nouvelle gare ne doit pas être qu'un lieu consacré au transport. Ce que je vais dire est peut-être audacieux, mais j'imagine devant cette gare, dans l'espace encore à construire, un grand forum, où on a envie de se retrouver, de créer des événements. Je pensais à l'esplanade devant le Centre Pompidou (Beaubourg) à Paris. Quand on bénéficie d'un tel environnement, il serait triste de n'en faire qu'un lieu de passage ou un quartier d'affaires;
- l'ambiance des gares est souvent triste. Il est évident que la musique doit y tenir une place. Rendons les gens un peu plus heureux. Il faut donc y songer.
- cette gare n'est pas triste! Elle sera un moment de beauté offert à tous ceux qui la fréquenteront. Or, il n'y a pas que les passagers "TGV" (de l'Euregio) qui la fréquenteront. Il y a aussi les navetteurs vers Bruxelles, ceux qui se rendent à Visé, à Flémalle ou à Gouvy. Pour moi, offrir un endroit aussi beau à tous n'a pas de prix. Il se justifie en tout cas beaucoup plus que les investissements funestes et imbéciles qui ont été réalisés pour pouvoir organiser un grand prix de F1 à Francorchamps!

De retour, je suis passé place de la Cathédrale. Et là, nouvelle bonne surprise. A tous étaient offerts des jeux en bois, avec le mode d'emploi (jeux d'adresse, de réflexion, d'équilibre, de précision ...). Et on voyait des gens de toutes les générations s'y essayer, des conversations s'engager ...
http://www.liege.be/encarts/feteswallonie2009/cadfeteswallonie2009.htm

Je crois que Liège est de plus en plus sur la bonne voie pour une "renaissance"!

Je n'ai pas fait moi-même de photos ces deux derniers jours, mais je vous invite à consulter les photos (ou videos) prises par quelques amis:
http://rousseaumusique.blog.com/
http://www.facebook.com/video/video.php?v=137174764067
http://www.facebook.com/album.php?aid=109496&id=738243839&ref=mf

samedi 19 septembre 2009

18 septembre 2009

Je sais que c'est difficile à comprendre, mais il m'arrive de passer en quelques heures à peine de la noirceur la plus profonde à de grandes ou petites joies. Il paraît que je suis cyclo-thymique. C'est imprévisible, non maîtrisable. Cela dit, je ne suis quand même pas au fond quelqu'un de très sociable.

Cette journée est marquée par une avalanche d'événements:
- d'abord, je me réveille à 6 heures du matin ... et je ne suis pas seul! Un autre dort paisiblement à côté de moi. J'avoue que c'est plutôt inattendu. Je me rends compte alors que c'est moi! Du coup, je n'ose pas me réveiller. Je me lève sans faire de bruit et je me donne un petit bisou avant de m'éloigner ...
- il est vrai, depuis que j'enseigne par Powerpoint interposé, il ne me suffit plus de savoir ce que je vais raconter (généralement, je n'ai pas trop de problème pour savoir comment le raconter), je dois concevoir des dias, les réaliser et comme je n'ai aucun sens pratique, je tombe toujours sur un problème technologique quelconque à quelques heures du cours. Nous ne devons pas être très nombreux au monde à vivre ce genre de difficultés, mais j'en connais un quand même, que j'aime beaucoup.
- je donne mon cours. Tout se passe bien! Je vais devoir ne pas avoir trop l'air d'être de gauche quand même ...
- mon petit majordome (Ben ...) m'attend à la sortie et me reconduit chez moi. Une douche. Un remontant et voilà que j'entends des échos de fanfare. Je ne peux résister ni aux fanfares, ni aux trompes de chasse. Donc, je sors ... Juste avant de sortir, je passe par ma chambre. Et je constate que je ne dors plus. Le lit est vide. J'aurais pu au moins me prévenir avant de jouer "les filles de l'air"!
- ils jouent des airs de "cramignon" (des farandoles, si vous voulez), c'est joyeux et en même temps ça m'émeut. Ils sont déjà bien 70 dans la ronde: des jeunes, des vieux ... et Robert Koelman! Je regarde. Je vais un peu plus loin, je précède le cortège. Je re-regarde. Puis, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je me suis retrouvé à un moment donné en train de donner la main à un étudiant espagnol et à une dame d'origine locale et à suivre le mouvement! Cela ne pouvait pas être moi, mais celui qui s'est prélassé dans mon lit ce matin! Au passage, je fais un signe à Robert Koelman pour lui dire: ben voilà, moi aussi!
- le temps de manger deux cornichons et un morceau de fromage d'Orval et me voilà en route, à pied, pour rejoindre la gare. J'ai failli faire demi-tour plus d'une fois. Mais, après un nombre de fois où on fait demi-tour sur soi-même, on se retrouve dans le sens dans lequel on se trouvait au départ! Donc, j'ai continué, noyé dans toujours plus de monde. D'autres décriront mieux que moi le beau spectacle qui a été offert, ce soir-là, aux liégeois. Je ne regrette pas.
- être seul dans la foule (plutôt que bien entouré) permet de capter des tas de choses. Et ce sont ces choses qui m'intéressent. J'ai donc cherché une barrière nadar pour un peu appuyer mon dos douloureux. J'étais ainsi le voisin de barrière d'un jeune couple que je ne qualifierais pas de BCBG, mais en quoi serait-ce moins bien? Nous avons échangé quelques mots pendant l'attente. Le garçon était totalement fasciné (il était déjà venu l'après-midi pendant les répétitions). Sa nana râlait. Elle était sans cesse plongée dans son gsm. Elle s'irritait de la musique de cons qui passait. Et surtout du désintérêt que son mec lui témoignait. Cela avait beau n'être qu'une gare, elle était drôlement plus belle que cette drôlesse. Elle voulait partir. A un moment donné, je me suis retrouvé avec le garçon à ma gauche, la fille à ma droite et la gare devant moi. J'ai alors osé! J'ai donné un petit coup de coude discret au garçon, en lui glissant: "Tiens bon. Reste jusqu'au bout!"
- au moment de quitter: S.: - "Tu n'as même pas vu que j'étais là avec deux copains, juste devant toi pendant tout le spectacle! - "Euh ... mais tu étais à contre-jour (il est vrai qu'un de ses copains était très grand, me cachait un peu la vue et donc qu'il avait retenu mon attention)". - "Et comment vas-tu?". - Etc ...
- j'entrepris alors le chemin du retour, toujours à pied. Deux garçons m'interpellent alors: un grand africain très souriant et un autre, disons méditerranéen. Ils me demandent si je parle le néerlandais. Je réponds: oui. Ils me demandent où se trouve le Carré. Je m'embrouille un peu dans mes explications et surtout dans mon néerlandais. Pour être convivial, je leur demande: "D'où venez-vous?". Le grand africain souriant me répond alors: "Je viens de Gand et je parle français". Je soupçonne un petit piège. Je demande alors à l'autre: "Et vous?" "Je suis allemand, mais je travaille à Maastricht, et j'ai choisi de m'installer à Liège". Ils m'expliquent alors tous les deux qu'il n'y a qu'à Liège que les gens sont aussi gentils et communicatifs et qu'ils aiment ça. Pendant ces quelques mètres parcourus ensemble, il y avait quelque chose qui circulait. Je me trouvais entre les deux. Quand je les ai quittés, ils ont continué leur route, main dans la main.

jeudi 17 septembre 2009

17 septembre 2009

Les derniers jours ont été sombres. Il ne me reste plus que l'écriture et l'amour de mes tout proches.
Je ne parviens plus à passer de la parole à l'acte.
La moindre rencontre me met dans un état d'angoisse indescriptible et alors je bloque tout; je me réfugie en moi; je m'emmure. Je fuis.
Alors, si, en plus, il doit y avoir du monde ...
Ce n'est pas par plaisir. Au contraire, je me sens mal. Quand je vois l'aisance des autres pour goûter aux plaisirs de la vie, quels qu'ils soient, je me sens toujours plus différent. Asocial? Inadapté à la vie.
Je reste pour mes parents, pour Sam et pour Ben.
Je resterai le temps qu'il faudra.
Mais pas au-delà.

Pourtant, je ne suis pas insensible aux initiatives prises autour de moi.

Parmi celles-ci, le choix fait par le recteur de mon Université d'honorer des musiciens contemporains, comme "passeurs". C 'est un bon choix. Un très bon choix même pour rappeler que la mission d'une université n'est pas seulement dans l'utile, dans l'immédiat et dans le rentable. Mais, impossible pour moi d'assister aux diverses manifestations organisées à cette occasion. Si je puis ainsi témoigner de mon intérêt ... pourquoi ne pas honorer, l'année prochaine, des passeurs de lumière? Veronica Janssens, Bernard Tirtiaux ... par exemple.

Je ne voudrais pas être professeur en 1er bac ... Il faut dire que le droit, la justice, les politiques, les avocats, les magistrats, les notaires, les conseillers fiscaux, les juristes gestionnaires n'ont pas, ces derniers mois,
donné une excellente image de la discipline juridique. Quand en plus, la presse se met à violer le secret de l'instruction et la présomption d'innocence, qu'elle dénonce certaines connexions dans un monde (politique, barreau, magistrature), où tout le monde se connaît, se fréquente, se retrouve! Où va-t-on?

lundi 14 septembre 2009

14 septembre 2009

Il y a des hommes qui trouvent les mots pour vous toucher:

J'aime :
- Le vent
- L'air sucré
- Les pluies d'été
- Nager et faire la planche sous la pluie
- Me blottir et qu'on se blottisse contre moi
- Partager et échanger
- Ceux qui ne se prennent pas au sérieux
- Ceux qui ont conscience des vraies relations humaines
- Ceux qui assument leurs failles
- Prendre le temps
- L'intime
- La sensualité
- Ceux qui sont capables d'être sûr d'eux-même tout en restant humble
- Jouer et jouir parce qu'il n'y a qu'une lettre de différence
- Regarder le monde avec tendresse
- Écrire pour me raconter des histoires
- Être curieux, comprendre et apprendre
- Les nouvelles expériences
- Les archétypes communs à tous les mythes, toutes les fables religieuses, toutes les cultures
- Les couleurs, les odeurs et les lumières de l'automne
- Le fromage blanc avec du miel et de la cannelle
- Les hommes virils
- Les états modifiés de conscience
- La peau
- Les hommes qui ont gardé leur âme d'enfant
- Accompagner
- Ceux qui sont capables de faire valoir leurs qualités sans dévaloriser les autres
- Le respect
- Tout ce qui éveille les sens et donne des émotions

Je pense qu'aujourd'hui, je ne serai pas en mesure d'en dire plus.

dimanche 13 septembre 2009

13 septembre 2009

Il y a ceux qui agissent, ceux qui participent et ceux qui observent. A chacun son rôle.

Ce week-end, à Liège, on ne sait plus où donner de la tête entre les Journées du Patrimoine (et leurs innombrables propositions), la City parade et la Gay street.

Je ne participerai pas à la City parade, mais j'ai poussé mon nez dans les deux autres rubriques.

A tout seigneur, tout honneur: l'exposition, au grand Curtius, consacrée à Paul Jaspar. Liège n'est pas que terre de guindailles.

http://www.grandcurtiusliege.be/expositions/paul-jaspar-architecte



http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Jaspar

Ne vous méprenez pas: à Liège, on parle aussi de Jaspar, à propos d'ascenseurs et aussi de balades érudites à la suite de monsieur Grêtry.

Mes recherches m'ont aussi conduit à ce site:
http://www.grand-poste.be/

Comme j'habite juste en face, mon intérêt était d'autant plus grand. On y découvre beaucoup d'aspects de Liège. Et un projet ... peut-être démesuré.

Et puis, ce week-end, la tour cybernétique était à l'honneur. Je dois être un des rares à l'avoir vu fonctionner en vrai (avec toutes les couleurs, les sons ... reflets de l'activité de la cité).



http://www.jacquesfryns.be/node/52
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Schöffer

Reste la Gay street ... J'y suis passé, pour voir, ce samedi, entre 16 et 18 heures (soit au moment où les bourgeois, ce que je ne suis pas, et les autres, arpentent le centre ville). En toute mauvaise foi, bien entendu, voici mes réflexions:
- à l'origine, il y a un garçon, patron d'un bar. Il est sympathique, ce que je ne suis pas. Il est aimé par de nombreux adhérents, ce que je ne suis pas. J'ai une fois été prendre un verre avec lui, à une époque où il vendait des poissons exotiques;
- une fois dans la gay street, vous êtes d'abord confronté à plusieurs dimensions: ceux qui n'en ont rien à foutre; les associations gay et leurs stands (même Amnesty international) plutôt sympathiques; ensuite, ceux pour qui "gay" signifie la "fête", même l'après-midi, donc aussi des hétéros; enfin, des "créatures", transformistes et travelos, que les hétéros en nombre identifient à l'homosexualité, parce qu'ils peuvent en rire ou rêver un instant à ce qu'ils voudraient être;
- à part le sosie de la Reine Fabiola, véhiculé dans tout le centre ville, en chaise roulante: rien n'est drôle. Pas la moindre dose d'humour. Tout est résumé à des clichés éculés, mais apparemment fédérateurs;
- je le concède, certains garçons ont de longues jambes qui doivent faire pâlir d'envie les plus grands top models féminins. A quoi ressemblent-ils, quand ils sont dépourvus de leurs perruques, leurs faux seins, etc ...? Peut-être à pas grand chose. Ceci explique peut-être leur besoin d'être transformiste;
- j'ai beaucoup de tendresse pour les petits jeunes qui osent, à cette occasion, marcher la main dans la main (et quelques moins jeunes aussi);
- je suis un peu inquiet de voir des gamins de 15-16 ans, à moitié nus, se trémousser sur une musique qui ne les mène jamais fort loin;
- et puis, il y a Steeve, dans son trip, dansant seul avec 2 mètres de vide autour de lui.

Enfin, j'ai été frappé par le grand nombre d'exclus. Des homos, de toute évidence, qui ne savent pas vraiment se situer. Ils se collent à un mur. Ils regardent. Ils souffrent. Cette homosexualité-là n'est pas la leur. Ils sont plus nombreux qu'on ne croit. Des mecs mariés, des mecs un peu moches, des arabes, des jeunes mal dans leur peau. Existe-t-il une issue pour eux? Devront-ils passer par là pour avoir le droit d'être eux-même?

Cela dit, il n'y a que les gay pour rire "décalé", comme en témoignent les photos suivantes:




Cette dernière photo concerne une représentante des majorettes de Vottem.

Ils ont beau dire, tous ces beaux mecs à se moquer des majorettes de Vottem. Est-ce bien charitable? Cher ami lecteur, ceci vous permet d'apprécier.

Ce matin, j'ai été le témoin de l'arrestation musclée (même très, très, musclée) de deux malfrats (que je présume innocents, bien entendu). C'était comme dans un téléfilm américain. Sauf que, bien entendu, des voix s'indignaient face à la violence policière. Il ne s'agissait pas de deux gamins, issus des quartiers (comme on dit), mais de deux hommes mûrs. D'où venaient-ils? Qu'avaient-ils fait? Je n'en dirai rien; mais ils ne venaient ni du sud, ni de l'ouest de la Belgique. Ils n'étaient même pas du quartier.

Ce matin, chez le "paki" du coin. J'achète l'une ou l'autre chose, qui me manquaient, et que je ne trouve pas chez l'épicier arabe.
- Il me dit (en anglais): c'est mon anniversaire aujourd'hui. Choisissez une boisson, c'est pour moi.
- Vous êtes trop gentil. Happy birthday to you!
- J'ai 46 ans aujourd'hui.
- Moi 53.
- Vous le boirez avec votre famille.
- Je suis plus souvent seul qu'avec ma famille.
- Moi aussi.


vendredi 11 septembre 2009

12 septembre 2009

La Faculté de droit remet, ce jour, à 11h00, les diplômes de seconde session à ses étudiants "dans la plus grande solennité". Tels sont les mots d'un courrier décanal. Cela me pose un sérieux problème. Je ne suis pas solennel par nature et je répugne à me déguiser pour donner l'air de ce que je ne suis pas. J'ai deux solutions, soit je n'y vais pas (pour ne pas faire tache dans la solennité), soit j'y vais incognito (juste pour être là, lors du verre de l'amitié, pour embrasser quelques étudiant(e)s arrivés au bout du parcours et féliciter leurs parents). Ma décision est prise.

Et la "taxe carbone" de Sarko: que me dites-vous là-dessus, monsieur le professeur?
1. - Cette taxe fera partie des accises sur les énergies fossiles. S'agissant d'accises (et non de T.V.A.), les entreprises ne pourront pas la récupérer et devront l'envisager comme un coût supplémentaire à répercuter dans leur prix. Dans le fond, c'est juste et pertinent dans une économie de marché. Aux consommateurs alors, par leurs comportements d'acheteur de peser sur les prix. Quand la demande est inférieure à l'offre, il paraît que les prix baissent.
2. - Comme Sarko ne peut pas augmenter les impôts (sauf à revenir sur ses promesses), la taxe carbone ne doit pas avoir d'impact sur la consommation globale des français et elle sera "intégralement redistribuée", sous la forme de "chèques verts" ou d'une réduction de l'impôt sur les revenus pour ceux qui ont le malheur de devoir le payer (un français sur deux seulement est redevable de l'impôt sur le revenu, ai-je découvert, mais avec un "bouclier fiscal" pour les plus gros revenus).
3. - A cette fin, elle sera d'un montant très faible de manière à ce que le particulier n'en ressente pas davantage l'impact que lors d'une hausse liée au cours des produits pétroliers;
4. - Il s'agit de la première éco-taxe française: soit une taxe dont l'objet n'est normalement pas de rapporter de l'argent, mais de modifier les comportements. Ah bon? Dans son aspect dissuasif, il est évident (cfr. point 3) que cette taxe n'aura aucune incidence sur les comportements, parce qu'elle ne sera pas assez dissuasive ou se heurtera à des comportements incompressibles. Se pourrait-il alors qu'elle ne serve qu'à rapporter de l'argent?
5. - L'électricité échappe à la taxation. Qu'elle soit nucléaire ou hydroélectrique ou marémotrice ou éolienne, elle n'émet pas de CO2, nous dit-on. Certes. Peut-on dire qu'elle ne suscite aucune nuisance? Dans cette discrimination, n'y a-t-il pas indirectement (ou implicitement) une aide d'Etat à des sociétés, jadis publiques, mais aujourd'hui privatisées, bénéficiant de la rente d'investissements qui ont été faits, à l'origine, par la collectivité?
6. - Comme toujours, la question de la justice distributive se pose. Les "citadins" bénéficient de transports en commun qui ne sont pas (ou plus) offerts aux "ruraux". Ceux-ci ne trouvent plus un service public de proximité (on a fermé des bureaux de poste, des gares, des écoles, des tribunaux, des hôpitaux). Et ceux qui ne peuvent pas changer de comportement, qu'en fait-on? Les pêcheurs et les mariniers, par exemple. Et ceux qui sont propriétaires d'un yacht?

Bref, beaucoup de poudre aux yeux, alors que, si vraiment il s'agit de trouver de l'argent, la suppression d'un certain bouclier fiscal pourrait suffire. Est-il inconcevable d'imposer plus la partie de la moitié des français dont le revenu est le plus élevé? Je ne parle même pas ici d'impôt sur la fortune, ni de comptes à l'étranger.

Pourquoi certaines photos nous touchent-elles plus que d'autres? Sans doute, parce que nous les trouvons belles.

11 septembre 2009

Ce jour est un jour où il convient de faire mémoire. Un attentat s'est produit, le 11 septembre, il y a quelques années, à New-York: des soeurs jumelles ne s'en sont toujours pas remises. Pour qu'un attentat soit compris par ceux qui en sont les destinataires, il faut parler leur langage. De ce point de vue, l'opération a été parfaitement réussie. Cet attentat islamiste est parfaitement conforme à ce que l'américain moyen comprend et regarde, le soir, à la télé. Les media n'en ont pas raté une miette, à croire que tout avait été programmé. Bien sûr que non! A l'issue de ces tristes événements, seules les victimes méritaient l'attention. Permettez-moi quand même cette réflexion: que ce soit en Irak ou en Afghanistan, les responsables américains témoignent, depuis dix ans, jour après jour, de leurs totales méconnaissance et incompréhension des pays où ils prétendent instaurer la pax americana. Dans le fond, les terroristes du 11 septembre ont fait la preuve d'une bien meilleure connaissance de la société américaine.

Quelle réponse a-t-elle été apportée à cette catastrophe? Il a été question de deux choses: d'une part, justifier une guerre contre un dictateur Irakien, totalement étranger à ce qui s'était passé, et, d'autre part, instaurer un régime plus sécuritaire, limitant les libertés individuelles, non seulement sur le plan interne, mais avec une pression énorme pour qu'il soit de mise aussi ailleurs. La question capitale de la cohabitation d'ordres juridiques différents a ainsi été posée. Elle s'est illustrée sur des sujets aussi graves que le respect de la vie privée, le secret (ou la discrétion) bancaire, l'orientation sexuelle ... Un américain a toujours un peu de peine à réaliser que l'on puisse ne pas penser comme lui. Je regrette, pour ma part, que certains admirateurs aient cédé à la tentation de plaire à celui qui se dit - et se croit - le plus fort.

Il est, pour cette raison, capital de pouvoir entendre parfois un TOUT autre discours. Je vais me taire et vous inviter à lire l'homélie suivante, toute récente, d'un frère moine ... (Fr. François au monastère de Wavreumont).

André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui... Cela ne va-t-il pas de soi ? On lui présente un nouveau, n'est-il pas évident qu'il tourne les yeux vers lui ? On ne nous a jamais décrit Jésus comme un mufle ou comme un timide. Qui de nous imaginerait que, lors d'une telle rencontre, il puisse regarder ailleurs ? Alors, cette mention du regard de Jésus posé sur Simon, est-ce du remplissage ? C'est peu probable, car le parchemin coûte cher, à l'époque, on est plutôt économe de ses mots. Tous ceux qu'on prend la peine d'écrire ont du poids.

Dans la Bible, Dieu crée par sa parole, mais dès que la créature est venue à l'existence, il la regarde : Et Dieu vit que cela était bon. Le regard de Dieu est un acte créateur. Il voit dans la créature ce qu'elle est au plus vrai d'elle-même, et c'est bon. C'est ainsi que Jésus posa son regard sur le frère d'André et lui dit : "Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Pierre. Ton père, Jean, t'a donné le nom de Simon. Mais moi, quand je te regarde, c'est Pierre que je vois."

Nous serions tentés de dire que Jésus voit au-delà des apparences. C'est plus simple que cela, plus immédiat. Au premier regard, Jésus voit Pierre tel qu'il est. Il n'a pas besoin d'aller gratter plus loin, il n'a pas besoin de lever un masque. Ce qu'il voit, c'est d'emblée ce que Simon est en vérité, et à son insu. On lui amène Simon et il lui dit : "Moi, c'est Pierre que je vois."

Ce qui est vrai de Simon-Pierre l'est de chacun et de chacune de nous. Dieu nous connaît tels que nous sommes. Et, dans une certaine mesure, nous pouvons nous connaître les uns les autres de la même façon, à condition d'apprendre à regarder les autres comme Dieu les voit, c'est-à-dire avec un regard plein d'amour. Comme dit Ben Sirac, Dieu a mis dans notre coeur son propre regard pour nous faire voir la grandeur de ses oeuvres (Si 17,8).

C'est avec un tel regard que nous devrions aller à la rencontre de nos frères et de nos soeurs, en particulier de ceux et celles qui appartiennent à d'autres confessions chrétiennes. Nous savons que le chemin est encore long jusqu'à la pleine communion des Églises. Il sera surtout long et improbable si on l'aborde avec de mauvais présupposés. Depuis un bon demi-siècle, on a fait des progrès considérables dans le dialogue, parce qu'on a eu la bonne idée de commencer par renouer des relations d'amour, en laissant de côté, provisoirement, les questions doctrinales. Aujourd'hui, certains remettent en cause ce dialogue de la charité, jugeant que seule l'adhésion à une même vérité pourrait permettre une réconciliation authentique. Mais en parlant ainsi, on oppose amour et vérité, comme s'ils pouvaient être contradictoires. Dieu est amour et vérité, en lui il n'y a pas de division, en lui amour et vérité se rencontrent et s'embrassent. Opposer la vérité à l'amour, ce serait faire monter jusqu'au ciel les murs de nos divisions. Si notre vérité s'oppose à notre charité, c'est qu'au moins l'une des deux ne vient pas de Dieu. En réalité, il n'y a pas de vérité hors de l'amour. Les vérités au nom desquelles nous nous sommes séparés sont des mensonges si elles nous empêchent d'aimer nos frères et nos soeurs.

Saint Paul nous invite à faire la vérité dans la charité; il y a des évêques qui ont pris ou pensé prendre cela comme devise : veritatem facientes in caritate (Ep 4,15). Aujourd'hui, il est temps d'aller plus loin et de faire la vérité par la charité : c'est en allant plus loin, plus résolument, sur les chemins de l'amour, du souci de l'autre, de l'attention bienveillante à ce qu'il croit et à ce qui le blesse, que nous pourrons espérer atteindre le Dieu de vérité qui, sans cela, échappera toujours à notre quête (Seigneur, où demeures-tu ?). Alors seulement, nous pourrons dire en toute droiture le verset du psaume que nous avons chanté à l'instant : J'ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée. Jamais l'une sans l'autre.

jeudi 10 septembre 2009

10 septembre 2009

Je ne dirai rien de la délibé de cet après-midi, de la réussite "partielle" (pourquoi n'appelle-t-on pas cela un échec?), de l'impossibilité de donner aux notes de 10 et 11 une quelconque signification cohérente, depuis cet invraisemblable décret "Bologne-Dupuis-Legros-Schyns".

J'ai envie d'être léger et, en tout cas, ailleurs.

On ne donne pas la place qu'il mérite à un personnage-chanteur subversif, que j'ai toujours adoré. Je veux parler de Boby Lapointe, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître (sauf Grégory). Certains jours, j'aimerais bien qu'il chante à la place de Sarko ou de Reynders, ou de Bruno Colmant, ou de ... la liste est tellement longue que je préfère m'arrêter ici.



J'aimerais que l'on puisse élire Bobby Lapointe comme doyen, par exemple.

Les textes de ses chansons me font penser à certaines de nos palabres.

COMPREND QUI PEUT
Paroles et musique de Boby Lapointe
Marcel n'est pas ce qu'on appell'
Un intellectuel
Marcel, Marcel
Quand je l'apell'
Moi je l'appel' Marcel
l' n' répond pas, mais il approch'
De sa démarch' gauch'
Et l'on peut voir
Dans son regard
Comm' un' lueur d'intelligence
Il sait de quoi j'ai envie
Il n'est pas si bête
Il sait que c'est de son vigoureux corps d'athlèt'
Je pose ma main sur son gros bras que
m'arriv'-t-il ça fait tilt
Il me sussur' le curieux refrain
Tiens ! voilà du boudin
Et puis en roulant les "R"
Oh, le grand nigaud
Il m'dit j'vais te fair'
L'fameux coup du légionnair'
Et du sable chaud
Dans la légion étrangère
J'aime son heureux caractère
Tout' ses affaires
Et c'est pour ça que
Je dis que l'amour,
Même sans amour
C'est quand même l'amour !
Comprend qui peut ou comprend qui veut !
Celles qui croient que mon Marcel
Ça n'est qu'un manuel
Elles connaiss'nt rien :
Ya pas qu'ses mains qui font des choses bien
Pis d'ailleurs moi j'ai pas le temps de savoir qui
est Marcel
Car mon Marcel
Il me harcèle
Marcel me harcèle
Marcel me harcèle
C'est comm' s'il avait deviné c'dont j'ai envie
J'dirais mêm' qu'il a si vigoureux appétit
Que je jurerais parfois qu'il a divi -
Qu'il a divinement
Fait tout ce qu'il faut faire pour mon con...
Oui, mon contentement
Il sait de quoi j'ai envie.
Il n'est pas si bête
Il sait que c'est de son vigoureux corps d'athlète
J'aime son heureux caractère
Tout' ses affaires, et c'est pour ça que

Je dis que l'amour,
Même sans amour,
C'est quand même l'amour
C'omprend qui peut ou comprend qui veut !

Et l'avenir de la planète ne serait pas nécessairement plus catastrophique!

Et puis, il y a aussi: Veronica Janssens. Plutôt que d'emmener nos étudiants visiter des prisons ou la Cour européenne des droits de l'homme, il serait fort utile de les emmener voir une exposition de cette artiste qui me touche au plus profond.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ann_Veronica_Janssens








Expo solo à Bruxelles du 5 septembre au 15 novembre 2009 (WIELS, 354, avenue Van Volxem, 1000-Bruxelles).

mercredi 9 septembre 2009

9 septembre 2009

Il y en a qui en font tout un plat: 09/09/09! Je trouve cela fort bête. Je ne suis bien né le 1/11 à 11 heures du matin (c'est vrai). Qui s'en soucie? Et je puis vous assurer que mes parents ne se sont pas organisés pour cela.

Il y a des jours où des choses intelligentes sont proférées par nos politiques. Dans son interview de rentrée, J.C. Marcourt, nouveau ministre de l'enseignement supérieur, en Communauté française de Belgique (pour combien de temps encore, la Belgique?) tient les propos suivants: " ... on ne fait pas des études (universitaires) pour avoir un métier. Si elles peuvent y conduire, ce n'est pas leur finalité. Il faut soutenir tous les jeunes qui veulent apprendre quelles que soient les filières". Un peu plus loin, il estime que ce serait une erreur de cantonner, rationner, limiter en fonction des débouchés: "il faut informer les jeunes, leur dire notamment que les sciences sont passionnantes et qu'ils n'y vont pas assez. Mais celui qui a envie de faire l'histoire de l'art, qu'il la fasse aussi, quitte ensuite à ne pas travailler dans ce qui aurait été la suite logique de ses études. La primauté de l'enseignement, c'est l'épanouissement personnel". Et puis encore ceci: "la médecine non plus n'est pas une école professionnelle; elle n'a pas à donner de garantie, pas plus qu'un diplômé en droit n'a la certitude, si c'est son souhait, de devenir avocat ... L'essentiel, c'est l'excellence: comment éviter que des jeunes ne se fourvoient dans une branche qui ne leur conviendrait pas?" (LLB, 9 septembre 2009). Il y a longtemps que je n'ai plus entendu de propos aussi sensés à propos de l'enseignement universitaire. Des esprits endoctrinés à l'aune de l'efficacité, du pragmatisme, de l'utile, du rentable, subsistent en grand nombre malheureusement dans nos institutions universitaires. Ils avaient trouvé un allié en un recteur, devenu baron, on se demande encore pourquoi. Puisse le nouveau ministre infléchir les mentalités!

C'est quand même tout un pan du monde occidental qui s'effondre! Mais je m'en réjouis. On peut lire, dans Le Monde de ce jour, un article intitulé comme suit: "Comment trois banques suisses (pourquoi seulement trois?) ont pu livrer 3.000 (pourquoi seulement 3.000?) noms au fisc français". La fraude présumée s'élèverait à 3 milliards d'euros (ce qui fixe le montant maximal des pénalités à 1,5 milliards d'euros). Il m'importe peu de savoir quelles sont les banques ou les contribuables concernés. Mais cette bonne nouvelle n'est quand même pas annoncée par un ministre socialiste! Elle l'est par Eric Woerth, le ministre du Budget du président Sarko, qui a encore du chemin à faire pour qu'on l'appelle le "petit père du peuple" (même si la moitié du chemin est dores-et-déjà acquise). Je comprends mieux pourquoi Sarko est animé de tics; il doit être gêné aux entournures, quand il retrouve ses amis.

Après Edmée, voilà P. Les aéroports wallons ne sentent vraiment pas bon, au vu des démêlés judiciaires auxquels sont confrontés leurs dirigeants. Jusqu'à preuve du contraire, la présomption d'innocence prévaut.

Mais, comme j'ai pu l'entendre tout à l'heure, de la bouche de petites gens: s'il fait appel, pour défendre ses intérêts, au même avocat qu'Ariel Sharon, lorsque ce dernier a été poursuivi sur la base de la loi belge de compétence universelle, "c'est qu'il ne s'agit pas de broutilles". Cette réflexion de bon sens populaire montre à quel point la présomption d'innocence n'est pas si simple à faire entrer dans la tête des gens. Si maintenant la suspicion naît du choix de l'avocat que l'on fait! Dans le fond, dans notre système judiciaire, ceux qui défendent les intérêts de la société sont toujours des fonctionnaires commis d'office. Quand il s'agit d'intérêts privés, ce n'est pas le cas. On peut se demander pourquoi.

mardi 8 septembre 2009

8 septembre 2009

Ce disque faisait partie des quelques vynils que possédaient mes parents. Quand j'étais petit, je n'aimais pas du tout. Adolescent, je l'ai écouté jusqu'à l'usure. Et cela fait des années que j'en cherche une copie. Hier, je l'ai trouvée et téléchargée sur iTunes. Je n'avais rien oublié. La prise de son reste médiocre (1960), mais quels arrangements vocaux somptueux, quelle émotion! Et puis ce grain, ce souffle, dans la voix. C'est la plus belle version que je connaisse des grands negro spirituals. Dieu sait pourtant si j'ai exploré ce répertoire.

Harry Belafonte, My lord, what a mornin



Et puis, hier, Nicolou, sur le net. Toujours la même histoire. Et si c'était vrai, ce que j'avais pressenti, il y a 30 ans? Je n'aurai jamais donné la vie biologiquement parlant. Mais le coeur d'un père, c'est grand. Mes amants ne restent pas longtemps des amants. Ils se révèlent vite comme des "fils" avec tout ce que cela comporte d'attente de leur part, d'engagement et d'abnégation pour moi. Je finirai peut-être mes jours dans une maison de repos juste pour moi avec des dizaines de fils pour s'occuper de moi! Et si c'était cela ma vie?

Je regarde très rarement la télévision. Je l'ai déjà expliqué: je ne suis pas un homme d'images. Il n'empêche. j'ai regardé (au moins en partie) deux émissions, ces derniers jours:

- FR3 (7/9/09): 102 minutes qui ont changé le monde. L'ayant rejoint en cours de route, il m'a fallu, un certain temps, avant de comprendre qu'il s'agissait d'un vrai documentaire, et pas d'un film catastrophe "hollywoodien". Les faits sont là: les deux tours n'existent plus (mais ils parlent, depuis, d'en construire cinq et un mémorial ... projet qui semble un peu tomber à l'eau toutefois) et des familles déplorent des morts. Pourtant, dans ce reportage, nulle émotion. Il n'y a pas de scène de panique, par exemple. Tout est maîtrisé. Les services de secours, la communication (les caméras sont là où il faut et quand il faut), même les foules dans les rues sont maîtrisées. Les nuages arrivent quand il le faut et les caméras sont là juste au moment où la tour s'effondre. Il n'y a pas à dire. Ce sont des pros!

- Yann Arthus-Bertrand est un bel homme (home ???) et fait d'excellents reportages. Comme toujours, les images sont sublimes. Les sujets et les témoins fort bien choisis. Je m'interroge néanmoins. Une séquence nous montre (cameras à l'appui) un homme qui a choisi de pénétrer au plus profond de la forêt, là où aucune trace humaine ne peut se déceler. On appelle cela la "forêt vierge" et les animaux y sont "naïfs" (ils n'ont jamais de leur vie croisé un être humain). Ce n'est plus le cas depuis qu'un explorateur y a mis les pieds, ainsi que des équipes de télévision. N'y a-t-il pas lieu de se poser des questions? Non, apparemment: "pour défendre, il faut connaître". J'ai un doute.

dimanche 6 septembre 2009

6 septembre 2009

Hier, c'était l'anniversaire de mon père: 87 ans. J'ai invité mon père et ma mère au restaurant. Je n'ai jamais imaginé, plus jeune, que je raccompagnerais chez eux mes parents marchant péniblement tous les deux avec deux cannes. Ils se disputent souvent; mais ils s'aiment. Ils ne peuvent pas se passer l'un de l'autre. Ils sont admirables. Ils ont (jusqu'à l'angoisse) tout le temps le souci de nous trois: Sam, Ben et moi. Ils s'inquiètent pour ces trois oiseaux instables ou fragiles. Pourtant, ils auraient beaucoup de motifs de penser d'abord à eux.

Ce week-end est le week-end "Retrouvailles". Une inititative liégeoise formidable. Le temps d'un week-end, tout ce que la ville offre sur le plan associatif, culturel, sportif, touristique, etc. se montre. On y recueille des tas d'informations. On y croise des connaissances. On y retrouve des gens qu'on n'avait plus vus depuis des années. J'ignore si une initiative semblable existe ailleurs. Je n'ai jamais manqué ce rendez-vous, sauf cette année, pour la première fois.

De plus en plus, j'aime aller manger à la Cène, pour l'ambiance, le patron, et en plus c'est très bon.

http://www.restaurants.be/restaurant/liege/lacene/?id=7048


L'autre jour, il passait de la musique brésilienne, comme j'aime, mais que je connaissais pas: le Quarteto EM CY et Vinicius de Moraes. Qualité des voix et encore plus des harmonisations. Je me suis empressé, rentré chez moi, de télécharger sur iTunes deux albums.




Une chose me manque: un jardin.

jeudi 3 septembre 2009

3-4 septembre 2009

J'hésite toujours à parler de choses un peu intimes sur ce blog. Et pourtant, je veux qu'il comporte aussi cette dimension. J'ai manqué, pour ma part, à une époque de ma vie, de confidences comme celles que je vais vous livrer maintenant.

Cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Je pensais même que cela ne m'arriverait plus jamais. On ne peut plus vivre à passé 50 ans exactement les mêmes troubles qu'à 20 ou à 40. Sauf samedi dernier, de manière inattendue. Et dans une imprévisible inversion des rôles. Il cherchait, dans le fond, la même chose que moi, il y a 35 ans. Il attendait quelque chose.

Je n'ai jamais été dragueur. Même si j'y ai succombé (un psy me l'avait conseillé), je n'ai jamais aimé partir en chasse, là où ça se passe. Cela ne me correspond pas du tout; et, quand je l'ai fait, je suis plus souvent rentré bredouille, que satisfait. Des lieux où ça se passe, je ne connais presque rien. Par contre, il arrive que mon regard, en rue, croise un autre regard. Et que ce simple échange de regards crée beaucoup de désir.

Ce samedi, il était jeune (20 ans?). Et cet échange de regards s'est produit. De ce qui a suivi, je retiens une infinie douceur, aucun mot (je ne sais même pas son nom), un regard intense et un sourire avant de se quitter, et une carresse de sa part sur mon bras.

Ma description ne relève pas de l'angélisme. Et je n'ai ni honte, ni culpabilité. 30 ans après, je revivais la même chose ... simplement, les rôles avaient changé.

Ces "rencontres éphémères" n'ont pas moins de valeur que les autres. L'important, c'est de les habiter. Ce fut le cas.

Ce n'est pas toujours le cas.

Deux livres m'ont, à ce propos, un jour, interpelé.

Un récit (un texte écrit pour le théâtre): Karamel, Christian Giudicelli, éd. Seuil, Paris, 2002.



Un double journal: Incomparable, Renaud Camus & Farid Tali, P.O.L., 1999

3 septembre 2009

Je voulais vous parler de l'interview de rentrée, parue hier, de mon idole, Didier Reynders. Enfin, quand je dis: "mon idole", je pense généralement à ce jeu que l'on trouve dans toute "fancy-fair", qui se respecte, et où on peut lancer des boules de tennis sur des reproductions plus ou moins réalistes de têtes qu'on ne peut pas voir en peinture.

Mais, mon ami, JPR, dans son blog, relance le débat sur l'ortpgrtaphe .... je voulais dire, l'orthographe dans la langue française.
http://rousseaumusique.blog.com/

J'ai donc décidé de m'amuser un peu, même si je ne suis pas linguiste du tout (tiens, comment faut-il prononcer ce terme: "linghiste" ou "lingouiste"? Rares sont ceux qui disent "linghiste", en tout cas, comme il faudrait. Faut-il, par conséquent, écrire demain "lingouiste" ou "linguouiste" ... on parle bien pourtant d'indhouistes et, parfois même, de cuistres.

Mon ami relève l'exemple classique suivant: quelqu'un peut être un "imbécile"; mais son état s'appelle "l'imbécillité". Pourquoi un "l", dans le premier cas, et deux, dans le second? Ne serait-il pas plus simple d'écrire "imbécilité"?

Si on devait adopter cette solution, que faut-il alors penser des cas suivants?

Exemple 1: la racine "imbécil-" donne "imbécil-e" et "imbécil-lité"
Exemple 2: la racine "tranquil-" donne "tranquil-le" (à prononcer "trankil", contrairement à "quille", mais comme "ville", mais pas comme "pavillon", qui se prononce comme "papillon") et "tranquil-lité", "tranquil-lisant", tranquil-lement".
Exemple 3: la racine "ferti" donne "ferti-le", "ferti-lité" et "ferti-lisant".
Cherchez l'erreur.

Tant qu'à faire, envisageons un autre cas. On parle d'un "tronçon", notamment à propos d'une autoroute (pourquoi pas tronson ou tronsson?) et, à partir de là, on utilise aussi les mots "tronçon-ner" ou "tronçon-nage". La "raison" devient "raison-nable". Si on doit écrire "réson-ance", n'est-il pas dès lors évident que l'on doive écrire aussi "réson-ner"?

L'anglais est souvent cité comme la langue qui ne s'embarrasse (oui, il faut deux "r" et deux "s"!) point de telles subtilités. Comment prononcez-vous "Edimburgh"? Ou "piousness" (la piété) ... pourquoi ne pas écrire "paillouznesse"?

On dit aussi qu'en allemand, les choses sont simples: il suffit de prononcer toutes les lettres que l'on rencontre. Comment prononcez-vous: "Neuschwanstein" ou "Schwachhofer"?

Un mot peut-être beau par son graphisme et, pour moi, cela doit être encouragé. Les mots s'écrivent, par exemple, en arabe d'une très belle façon; c'est la même pour tous, même si elle n'est pas prononcée par tous de la même manière. Il est vrai qu'ils n'écrivent pas les voyelles en arabe. Les extrêmes-orientaux écrivent avec des idéogrammes. Dans ce cas, l'expression des mots devient art et épure. Nos pictogrammes occidentaux (sortie, toilettes, urgence, ...), importés des Etats-Unis témoignent, à mon humble avis, d'un appauvrissement affligeant.

Mon prénom s'écrit: Xavier.

Ou



Ou encore

Ce n'est pas très simple, mais c'est beau.

Deux exemples de pictogrammes planétaires.



Ma grand-mère était institutrice (avant de devenir directrice de l'école). Elle est née le 25 décembre 1899. Et elle a enseigné jusqu'à l'âge de 70 ans. Ma mère aussi a été institutrice en 6ème pendant toute sa carrière. Elles expliquaient l'accord des participes passés avec des dessins: une dame qui promène son chien en laisse; et le chien court; parfois, il est devant; parfois, il faut tirer sur la laisse, parce qu'il reste derrière. Je n'oublierai jamais cela. Je suis même sûr que leurs élèves, qui n'ont pas toujours fait d'études après, s'en souviennent encore. Cela explique aussi pourquoi ma femme de ménage écrit sans faute.

Il y a une orthographe d'usage et une orthographe grammaticale. On peut simplifier les règles de grammaire, mais pas l'usage. Et n'est-il pas plus belle manière d'apprendre l'orthographe d'usage qu'en visualisant chaque mot comme une oeuvre d'art? On ne va pas demander à nos enfants, ou petits-enfants, quand même, de rechercher l'origine historique de chaque graphisme.

Marguerite "Yourcenar" s'appelait en fait "de Crayencour". J'en conviens, elle a fait un choix plus facile à prononcer.

mercredi 2 septembre 2009

1er septembre 2009

Rentrée des classes. Je les plains. Il y a, cette année, des élèves sans école et des écoles sans prof.

Etape du tour d'Espagne cycliste - la Vuelta - à Liège, sous la flotte. Ole! Tout le monde était content! Je ne sais pas si la ville de Liège paye (et combien ça me coûte comme citoyen) pour avoir, à Liège, une étape du tour de l'Espagne à vélo ou si les Espagnols paient pour venir à Liège. Toujours est-il qu'il venait de Venlo, aux Pays-bas, et que, à la télé, le monopole de la retransmission avait été confié à la VRT (donc l'arrivée du tour d'Espagne à vélo, à Liège, était commenté en flamand, à moins d'aller sur la télé espagnole). J'ai regardé quelques instants, le temps de reconnaître quelques clichés de la ville. Comme d'habitude, avec les activités sportives, je sombre dans un abîme de perplexité. Devant, il y a des bagnoles, avec à l'intérieur, des gens qui ont l'air très importants; suivent deux motos; derrière ces motos, un cycliste, suivi par quelques autres cyclistes, qui suivent le premier cycliste; puis un troupeau de cyclistes qui suivent les premiers cyclistes (entourés de motos qui, à tout moment, risquent de rouler sur les pieds des rares spectateurs); puis un avant-dernier cycliste qui essaie de suivre tous les autres; et puis, un dernier cycliste qui suit l'avant-dernier cycliste; et puis derrière, il y a de nouveaux deux motos. Tout le monde suit tout le monde. Il est interdit de prendre un raccourci ou un chemin de traverse. Il faut suivre. Bêtement suivre. A l'arrivée, le premier des cyclistes, que suivent tous les autres, lache son guidon et lève les bras (quitte à tomber de son vélo). Puis, à la télé toujours, on voit deux ou trois bimbos donner des bouquets de fleurs à des mecs en tenue très moulante, vraiment très moulante, installés sur des marches de hauteur inégale. Il y a même des gens qui applaudissent. Après cela, on met les cyclistes et les cycles dans un avion pour continuer le tour d'Espagne en Espagne. Ils n'auront même pas eu le temps de manger un boulet frites. Je m'interroge.

Heureusement, ce soir-là, je recevais à dîner, chez moi, deux beaux esprits (et pas que, mais n'allez pas y voir malice). J'aime cuisiner et recevoir. Vous allez finir par me connaître, si vous me lisez depuis quelque temps, j'attends généralement la fin du feu d'artifice des idées - bien entendu - pour poser l'une ou l'autre question à contre-courant. Du genre, c'est quoi le péché? Après les sarcasmes d'esprits, qui se disent libres, il n'est pas inutile de faire découvrir que cela n'a rien à voir avec la conception qu'ils en ont. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à dîner ...

Mon menu était le suivant:
- Salade aux légumes croquants, herbes fraîches et scampis,
- Gratin d'aubergines, viande et coulis de tomates sous sa couverture de mozarella,
- A - Vanille et framboises ... bref, les mamelles du destin!